Téléphonie GSM en Algérie

La progression spectaculaire du nombre d'abonnés de la téléphonie mobile, 11,1 millions selon ARPT le 19 décembre 2005, pourrait faire croire que la société algérienne est une société moderne et branchée sur son siècle avec une économie en pleine croissance. Malheureusement, ces chiffres semblent contraster avec le niveau très léthargique des progrès dans d'autres secteurs de l'économie (habitat, agriculture, emplois, santé, etc.) ; on rêve d'une production de logements à 1 million d'unité par an, pour rester dans des proportions comparables, ou de 2 millions d'emplois, 6 millions de tonnes de blé dur, 200 hôtels 3 étoiles ouvert par an, 20 zones touristiques aménagées et développées tous les 3 ans, etc. ; le tout dans un univers de choix multiple avec une concurrence saine et un concours d'excellence entre tous les protagonistes dans le but de charmer le consommateur.
Hélas, non : le progrès de la téléphonie mobile est simplement dû à la simplicité de son installation et au faible contenu technologique des unités hardware mises en place ; le gsm dans ses versions 2.5 et 3.0 est en fait une technologie plug & play , qui demande très peu de maîtrise technique à l'installation ,l'essentiel étant contrôlé par des systèmes centraux (cœur de réseau ) fonctionnant avec des logiciels propriétaires pour lesquels l'acheteurs paye des redevances au fournisseur selon les options choisis (prepayé, gprs, mms, etc...) .
L'industrie du téléphone mobile n'est en fait pas très structurante et apparaît comme une greffe réussie sur une société encore très arriérée dans bien des domaines.Certes, les bienfaits de la télécommunication mobile qui se sont généralisés dans la société et la démocratisation de l'accès au téléphone bénéficient à la société et ont un impact important sur la vie économique quotidienne mais il faut se garder de gloriole et de conclusion hâtive sur la modernisation de l'environnement économique en Algérie.
A titre d'exemple, l'adoption très lente de l'Internet adsl (200 000 lignes Eepad vendues en un an), semble indiquer que notre société à encore beaucoup de chemin à faire car ici le développment rapide dépend de la mise en place -en amont- d'une infrastructure (bretelle numérique ou optique) qui n'existe pas et l'achat lui-même, en dehors du coût des équipements, est un peu plus sophistiqué et demande une certaine culture technologique, encore balbutiante chez le consommateur en Algérie.
Beaucoup plus important, reste la promotion d'une culture de recherche de l'information, de débat, d'échange et d'ouverture d'esprit ; le taux de connectivité et d'adoption de l'Internet est directement proportionnel au degré d'ouverture et de liberté qui existe dans chaque société.
